Le colloque Les sciences sociales face au sida. Mobilisations, histoires et perspectives, a eu lieu à l’Université de Bordeaux les 26 et 27 mars 2026. Il a réuni chercheur·ses en sciences humaines et sociales, professionnel·les de santé, acteur·rices et militant·es associatif·ves, étudiant·es et personnes concernées vivant avec le VIH. Une diversité qui a permis une richesse des échanges et des débats.
Articulé autour de quatre panels, le colloque a d’abord proposé un retour historique sur la manière dont le VIH/sida a profondément transformé les relations entre médecine, sciences sociales et mobilisations communautaires. Les interventions ont rappelé combien l’épidémie a constitué un moment fondateur, faisant émerger de nouvelles façons de penser la santé, les parcours de soin et la place des personnes malades dans la production des savoirs et les pratiques de soins.
Le second panel, autour du principe « Rien pour nous sans nous », a mis en lumière le rôle déterminant des associations et des personnes concernées et vivant avec le VIH dans la co-construction des connaissances. Plusieurs interventions ont souligné combien la lutte contre le sida a fait émerger des savoirs situés, ancrés dans l’expérience vécue, et a durablement transformé les pratiques de recherche.
Le troisième panel, dédié aux jeunes chercheur·es, a ouvert la réflexion sur les renouvellements actuels des recherches en sciences sociales autour du VIH, de la santé sexuelle et des discriminations. Les jeunes chercheur·ses invité·es ont montré comment ces enjeux continuent de structurer les travaux actuels, en dialogue avec les nouvelles formes de mobilisation comme les archives, et les transformations des politiques publiques.
Enfin, le dernier panel a porté sur une question particulièrement d’actualité : que reste-t-il aujourd’hui des droits, des pratiques et des acquis issus de quarante années de lutte ? Dans un contexte marqué par l’épuisement militant, la baisse des financements et la fragilisation du tissu associatif, les échanges ont souligné l’urgence de défendre cet héritage et d’en penser les prolongements.
Au-delà des contenus scientifiques, ce colloque a confirmé que l’histoire du VIH/sida demeure un observatoire essentiel pour penser les défis sanitaires, sociaux et démocratiques du présent.
