09 janvier 2025|Formation

Une place forte de préparation aux concours de la fonction publique

CPAG, Prépa’ INSP, i-Concours… les voies d’accès à la préparation aux concours A et A+ de la fonction publique au sein de l’Institut sont multiples, tant pour les étudiants que pour les professionnels en activité. Les résultats obtenus font de Sciences Po Bordeaux une place forte en France en la matière.

Mathilde Lemaitre était hier professeur des écoles. Demain, elle sera directrice d’hôpital. Laurian Revil était étudiant en 5e année de l’établissement l’an dernier. Récent lauréat du concours d’administrateur de l’Assemblée nationale, il travaille aujourd’hui au Palais-Bourbon. Tous les deux ont effectué « leur prépa » à ces concours de la fonction publique à Sciences Po Bordeaux. Dans leur interview respective (à lire ci-après), ils mettent en avant leur vécu et témoignent des atouts d’une préparation au sein de l’établissement. « Nous n’avons jamais eu vocation à accueillir une quantité importante de préparationnaires. En revanche, notre structure à dimension humaine nous permet un accompagnement plus personnalisé qu’ailleurs » indique Anne Gaudin, Directrice du Centre de Préparation à l'Administration Générale (CPAG). Depuis 25 ans, le CPAG a préparé 2 500 personnes aux concours de la fonction publique pour 651 lauréats. Soit 26% de candidats qui ont réussi à la fois les épreuves écrites (admissibilité) et les épreuves orales (admission). Le centre est réputé par ailleurs pour son taux de conversion de l’admissibilité en admission, l’une n’allant pas sans l’autre. Ainsi, sur la dernière année de référence 2023-2024, ce taux a été de 56,42%, grimpant à 64,71% pour le certificat Action Sanitaire et Sociale (concours directeur/directrice d’Hôpital, École nationale supérieure de sécurité sociale, etc.) et 63,93% pour le certificat Administration générale (concours aux Instituts régionaux d’administration - IRA, inspecteur/trice des finances publiques, etc.). La réussite des admissibles du CPAG au concours de l’École nationale de la magistrature (ENM) atteint de son côté 75% alors que celui de Commissaire aux armées culmine à 85%. Pour Anne Gaudin, plusieurs facteurs participent à ces bons résultats. « Nous encourageons nos candidats à faire plusieurs stages pour se nourrir de l’environnement au sein duquel ils postulent et, lorsqu’ils sont admissibles, nous les soutenons jusqu'au bout par un entraînement en conditions réelles, y compris parfois pendant la période estivale ». La directrice du CPAG loue en outre l’exigence de l’enseignement académique de l’établissement. Elle insiste aussi sur la multiplicité et la pluralité des intervenants professionnels en activité, à même d’apporter un vécu et une connaissance précise et actuelle de leur secteur d’activité. Exemple concret avec un intervenant spécialisé dans les finances publiques…

Une conjoncture très favorable pour le concours d’inspecteur des finances publiques

Julien Gasrel est responsable division stratégie, contrôle de gestion et qualité de service à la Direction régionale des Finances publiques (DRFIP) de Nouvelle-Aquitaine. À ce titre, il intervient auprès des étudiants du CPAG de Sciences Po Bordeaux pour leur apporter son expertise des finances publiques et son expérience d’une administration que l’on résume trop souvent aux seules activités du recouvrement de l’impôt et du contrôle fiscal. « Les finances publiques offrent une diversité de missions qui se déclinent à travers une cinquantaine de métiers différents. Ma première mission est de leur faire découvrir ce spectre en cherchant à rendre opérationnel les connaissances acquises ». Julien Gasrel présente en outre la particularité d’avoir été élève du CPAG bordelais en 2001-2002. « Je me souviens de mes hésitations de l’époque sur les concours à préparer et j’en tiens compte dans mes interventions. J’essaie de leur faire comprendre qu’il faut qu’ils se décident en fonction des ambitions qu’ils se fixent ». Son cours de finances publiques est utile à tous les préparationnaires quel que soit le concours envisagé puisque les futurs recrutés seront directement ou indirectement comptables des deniers de l’État. Il l’est encore plus pour les candidats qui envisagent spécifiquement le concours d’inspecteur des finances publiques. Ces derniers bénéficient à ce titre d’une double conjoncture favorable. La première tient à la convention signée entre Sciences Po Bordeaux et la DRFIP, qui facilite les interactions de terrain : accueil des étudiants dans les locaux de l’administration, interventions d’inspecteurs au sein de l’école, recrutements d’élèves pour des stages de découverte, etc. « Les profils de Sciences Po Bordeaux nous intéressent grandement » confirme Julien Gasrel, qui loue leur qualité d’écriture, leur capacité d’adaptation ou leur vivacité d’esprit. La seconde opportunité tient dans la pyramide des âges de cette administration qui devrait recruter plus de 800 inspecteurs externes en 2025. Les finances publiques se heurtent néanmoins à un déficit d’image que l’ancien préparationnaire du CPAG reconnaît et qu’il cherche à combler. « Outre la multiplicité des fonctions que j’ai déjà évoquée, j’expose aux étudiants les réelles possibilités de mutation ainsi que les possibilités de promotion qui s’offrent à eux ». Quant à choisir Sciences Po Bordeaux pour préparer le concours, Julien Gasrel n’y voit que des avantages. « Les résultats très positifs du CPAG parlent d’eux-mêmes. Ce qui me frappe, c’est l’attention portée à chaque étudiant, de manière très individualisée. Tout le monde prend son rôle très à cœur. Cette mobilisation explique sans nul doute cette réussite ».

La Prépa’ INSP pour les concours de la haute fonction publique

L’ENA (École nationale d’administration) a été supprimée le 31 décembre 2021 et remplacée dans la foulée par l’INSP (Institut national du service public). La décision d’Emmanuel Macron s’inscrivait dans la volonté du chef de l’État de démocratiser et de diversifier l’accès au vivier des plus hauts fonctionnaires de notre pays. « Cette évolution s’est accompagnée d’une réforme des concours de catégorie A+ qui vont désormais dans le sens d’une plus grande professionnalisation. Leurs épreuves orales d’admission s’apparentent ainsi de plus en plus à un entretien de recrutement » souligne Paul Gaignard, Directeur de la Prépa’ INSP et Responsable du Parcours Objectif INSP1 de Sciences Po Bordeaux. Pour autant, ces concours restent toujours très sélectifs. Le nombre de candidatures à l’INSP a progressé de 9% entre 2023 et 2024 avec un record de 2 323 prétendants pour 61 places à travers les 8 concours ouverts2. La Prépa’ INSP de l’école reflète la diversité des voies d’accès puisqu’elle accueille des étudiants, une prépa « talents »3 et des professionnels en activité. « Le concours de l’INSP reste phare. Il est convoité par les trois quarts de nos préparationnaires, devant le concours d’administrateur territorial (INET) puis celui d’administrateur des assemblées (Assemblée nationale et Sénat). Nous venons d’apprendre l’admission de deux de nos étudiants 2023-2024 en les personnes de Basile Leveque et Alexandre Lassara, une performance remarquable dans l’histoire de notre prépa » enchaîne Paul Gaignard. L’École assure également la préparation aux concours du ministère des Affaires étrangères (secrétaire et conseiller), des juridictions administratives, d’adjoint de direction de la Banque de France et des chambres régionales et territoriales des comptes (CRTC). Un dernier concours pour lequel Sciences Po Bordeaux compte de nombreuses affinités.

Un concours très apprécié

Magistrat à la Chambre régionale et territoriale des comptes (CRTC) de Nouvelle-Aquitaine depuis 12 ans, Thierry Moutard est un ancien élève de l’Institut qui a réussi le concours interne de l’ENA. Ce dernier donne des cours de finances publiques à la Prépa' INSP de Sciences Po Bordeaux depuis une décennie, accompagnant les étudiants vers des concours de catégorie A et A+ dont il connaît les difficultés. « Les défis que doivent relever les étudiants qui s’engagent dans de tels concours sont nombreux. Les candidats doivent avoir le sens du service public, la curiosité de tout ce qui constitue le collectif, un goût résolu pour l’efficacité, une rigueur qui passe par des capacités d’écoute et de rédaction ou encore une polyvalence qui leur permette de faire dialoguer les différentes matières nécessaires pour la gestion publique ». Autant de compétences appréciées par la chambre régionale des comptes qui a signé avec Sciences Po Bordeaux une convention de partenariat dont se félicite Thierry Moutard. « Les missions que le législateur a confiées aux juridictions financières ont un certain nombre de caractéristiques qui en font un partenaire naturel pour les institutions politiques » explique-t-il. « Une CRTC joue un rôle institutionnel central par sa position de contrôleur de toutes les collectivités publiques locales et par son suivi des interrelations avec les services déconcentrés de l’État, notamment au sein de formations inter chambre des juridictions avec la Cour des comptes. Ses missions sont variées, s’inscrivent dans des temps très courts ou de plus long terme, et nécessitent l’utilisation d’outils pluridisciplinaires juridiques, de gestion et de comptabilité. Il est aussi nécessaire d’être à l’écoute des attentes et des besoins du citoyen ». Des critères qui séduisent les étudiants de Sciences Po Bordeaux puisque plusieurs d’entre eux ont rejoint la juridiction sur les postes de magistrat ou de vérificateur, ou d’autres engagements de service public … Et le magistrat de citer d’autres étudiants qui, enrichis par un stage à la CRC et leur parcours à Sciences Po Bordeaux, sont aujourd’hui : administratrice à l’Assemblée nationale comme Camille, chef de chancellerie au consulat général de Jérusalem comme Nicolas, ou encore rédacteur « Ukraine » au Quai d’Orsay comme Antonin… Quelle satisfaction de les avoir accompagnés ! ».

i-Concours : la préparation à distance

Fruit d’une création « maison » en 2011, la plateforme de formation en ligne i-Concours propose des programmes et supports de formation destinés aux candidats préparant les concours des fonctions publiques d'État, territoriale et/ou hospitalière. Ces formations vont plus loin que le simple auto-apprentissage. Elles donnent accès à un tutorat actif (corrections individualisées des devoirs, échanges avec des enseignants référents...) et encouragent le partage de connaissances et de savoir-faire entre les participants. « Anne Gaudin avait observé qu’un certain nombre de personnes déterminées à s’inscrire au CPAG se heurtaient à des difficultés rédhibitoires de déplacements. Elle a été moteur dans l’instauration d’une prépa de qualité à distance qui pouvait à la fois séduire un public empêché et se traduire par des résultats probants » analyse Florie Brangé, responsable de la cellule d’appui à la pédagogie à Sciences Po Bordeaux. Le dispositif, précurseur à l’époque, n’a cessé de s’étoffer. Au total, i-Concours accueille 150 à 200 personnes chaque année, cette jauge variant selon les concours ouverts chaque année. Le service a innové en 2024-2025 en ajoutant à son programme le i-concours des IRA. Tous offrent un large choix de modules, de la préparation aux examens écrits avec note de synthèse et composition, à celle des épreuves orales. « Nous offrons une grande latitude de fonctionnement aux préparationnaires, de sorte que certains d’entre eux vont axer la préparation en ligne plutôt sur leur point faible alors que d’autres vont effectuer tous les exercices » poursuit Florie Brangé. À l’écrit par exemple, un candidat studieux peut réaliser jusqu’à 12 devoirs chez lui au cours de l’année, tous évalués et corrigés individuellement avec des annotations directement en ligne. Valentin Rousseau fait partie de cette cohorte. Responsable du département « retraite et révision » à la Caisse d'Assurance Retraite et de la Santé au Travail (CARSAT), ce dernier a réussi le concours de l’École nationale de sécurité sociale (EN3S) en septembre 2021 après avoir suivi la double préparation i-concours et CPAG de Sciences Po Bordeaux. « J’avais fait ce choix pour me sécuriser. La préparation i-Concours EN3S est spécifiquement centrée sur ce concours alors que le CPAG est plus généraliste. L’association des deux m’a été profitable ». Aujourd’hui formateur à i-Concours, il se souvient de l’accompagnement dont il avait bénéficié, tant de la part d’intervenants que de l’équipe d’encadrement de l’école. « Audrey Bureau, directrice adjointe de la CARSAT et intervenante i-Concours, m’a beaucoup aidé. J’avais beaucoup appris aussi d’un contact personnel, directeur-adjoint d’une CAF. Il m’avait montré l’importance d’être accompagné. Il m’a donc semblé normal de faire pareil à mon tour. Je trouve intéressant de rester en éveil sur l’actualité de mon univers professionnel et d’aider potentiellement de futurs collègues ». Intervenant aussi bien à l’écrit qu’à l’oral, Valentin Rousseau cherche à apporter aux inscrits à i-Concours des éléments transversaux leur permettant de répondre aux grandes questions sanitaires et de protection sociale, notamment sur le plan méthodologique. « Le bachotage n’est pas forcément la bonne méthode car il est difficile - voire impossible - de couvrir tous les sujets. Il faut donc une approche transverse pour englober les problématiques et leurs enjeux ». Il partage en outre son expérience, recommandant aux préparationnaires d’utiliser toutes les ressources que Sciences Po Bordeaux met à leur disposition. Des propos partagés par l’équipe i-Concours qui rappelle qu’un concours implique une forte mobilisation sur la durée. « Nous sommes conscients des difficultés d’emploi du temps des professionnels en activité, d’où cette formation à distance, à la carte et au rythme de chacun. Néanmoins, l’analyse montre que la réussite au concours est directement liée à l’effort d’implication ». Ainsi, 80% des membres d’un petit groupe de candidats ayant suivi jusqu’au bout la dernière prépa EN3S étaient admissibles aux concours préparés.

Lutter contre les idées reçues

Dans un contexte de restriction budgétaire de l’État à marche forcée, est-il opportun de viser un concours de la fonction publique ? À cette question, Anne Gaudin discerne le vrai du faux. « Avec 50 étudiants dans notre parcours de master 1 Carrières administratives4, je peux vous assurer de l’engouement des nouvelles générations pour l’intérêt général et la chose publique. Par ailleurs, compte tenu des départs en retraite massifs dans la fonction publique, le recrutement est à l’ordre du jour même si tous les postes ne seront pas remplacés ». Pourquoi, dans ces conditions, certaines administrations peinent-elles à recruter ? La directrice du CPAG met en avant les évolutions du rapport à l’emploi des nouvelles générations. « L’emploi à vie est aujourd’hui perçu négativement quand il est associé à une absence de mobilité ou à une hiérarchie pesante qui limite les évolutions de carrière. Or, les administrations ont fait beaucoup d’efforts pour casser cette image d’enfermement qui leur colle à la peau ». Sciences Po Bordeaux lutte contre certaines idées reçues en multipliant les rencontres entre les deux mondes, jouant un rôle d’interface à la fois conforme à ses origines et salvateur pour l’avenir. « Ces interactions sont nécessaires mais surtout profitables à tous. Nos étudiants de Carrières administratives qui ont choisi l’apprentissage en apportent la preuve en réussissant brillamment leurs concours ». Une preuve supplémentaire que Sciences Po Bordeaux constitue une place forte de préparation au concours de la fonction publique à travers une multitude de voies possibles. À chacun de trouver la sienne !

 

1 Ce parcours de 5e année de Sciences Po Bordeaux réservé aux étudiants de l’école prépare de façon intensive aux différentes épreuves du concours externe de l’Institut National du Service Public, de l'INET et des assemblées parlementaires.

2 Cinq concours dans la voie dite « générale » (étudiants, prépa « Talents », titulaires d’un doctorat, agents de la fonction publique et actifs du secteur privé, du monde associatif et élus locaux) et trois dans la voie dite « Orient » ouverte aux étudiants qui se destinent à une carrière publique à dimension internationale

3Le concours externe "Talents" est réservé aux étudiants boursiers les plus méritants et aux demandeurs d'emploi, élèves d'une classe préparatoire "Talents". Christelle Marre, une de ses étudiantes 2022-2023 a été lauréate en décembre 2024 du concours d’administrateur territorial.

4 Le premier objectif de ce parcours de master – ouvert à d’autres étudiants que ceux de l’Institut - est de préparer aux concours de la fonction publique et à leurs différentes épreuves. Généraliste et ouvert sur de nombreux secteurs d’activité, il constitue aussi un bon cursus pour d’autres orientations de carrière en lien avec l’intérêt général.

Interviews

Mathilde Lemaitre, lauréate du concours de directeur d’hôpital

"Beaucoup de travail mais que du bonheur !"

Quel a été votre parcours universitaire et professionnel avant votre inscription à la prépa' INSP ?

J’ai obtenu une licence LEA anglais-portugais, un master de science politique et un master de sociologie avant de reprendre une formation pour devenir professeur des écoles. J’ai professé pendant huit années dans des établissements où peu d’enseignants voulaient aller. Après une année au collège de Bazas (33), j’ai travaillé en effet dans des établissements accueillant des SEGPA (sections d'enseignement général et professionnel adapté) ainsi que dans un centre éducatif fermé avec une classe de jeunes délinquants récidivistes. J’ai choisi ces affectations car j’ai souhaité soutenir ces publics qualifiés de « difficiles », dont certains étaient allophones. Le fait d’être issue d’un milieu familial peu favorisé et d’avoir vu mon frère et ma sœur galérer à l’école a probablement joué. Ma formation en sociologie a été aussi précieuse pour comprendre ces jeunes et les aider à s’émanciper.

Pourquoi avez-vous fait le choix de préparer des concours A+ de la fonction publique à Sciences Po Bordeaux ?

J’ai toujours aimé apprendre et l’idée de repartir en formation pendant une année complète m’a séduite. Comme tout le monde, je connaissais de réputation l’ENA et j’avais en tête les critiques à son égard en termes de reproduction des élites qui ont conduit à son remplacement par l’INSP. J’apprécie d’aller là où on ne m’attend pas et j’étais curieuse de voir ce que pouvait être une préparation à ce concours. Enfin et surtout, j’ai eu une activité syndicale soutenue en tant qu’enseignante. J’ai découvert à cette occasion comment fonctionne l’éducation nationale et, plus largement, la fonction publique. J’ai pris conscience que si je voulais faire changer les choses à mon niveau, même modestement, je devais changer hiérarchiquement de poste. J’ai réussi les épreuves de sélection de l’INSP, ce qui m’a permis d’être détachée de mon poste tout en continuant à percevoir une rémunération. L’institut national du service public m’a proposé d’effectuer la prépa du concours au sein de plusieurs IEP. J’ai choisi Bordeaux car je suis originaire de la région. Je connaissais l’établissement car je venais de temps en temps de la fac voisine écouter des conférences à Sciences Po Bordeaux.

Avez-vous eu de l’appréhension à intégrer un groupe constitué très majoritairement d’étudiants ? Comment s’est passée cette prépa ?

J’étais hyper enjouée de commencer la formation. Maintenant, même si je me considère toujours jeune à 35 ans, je craignais un éventuel décalage avec un groupe constitué presque exclusivement d’étudiants. En fait, l’intégration a été immédiate et l’ambiance remarquable tout au long de l’année. J’avais adoré la fac et j’ai retrouvé à Sciences Po Bordeaux le plaisir de l’apprentissage et de l’agilité intellectuelle au sein d’une prépa qui bénéficie de profs d’une qualité assez incroyable. Le travail, exigeant, a été d’une intensité folle. Outre la vingtaine d’heures de cours, j’ai effectué un travail personnel quasi-permanent assez épuisant. La charge mentale a été lourde mais, à l’arrivée, ce n’est que du bonheur !

Qu’est-ce qui a fait que vous avez réussi le concours de directeur d’hôpital ?

Je n’avais pas forcément l’intention de passer ce concours. Mais comme un certain nombre d’épreuves pour ce dernier étaient plus ou moins similaires avec celui de l’INSP, on m’a encouragé à m’inscrire aux deux, même si le second avait ma préférence. Pour cela, et même si je préfère apprendre grâce aux interactions, j’ai intégré une masse de connaissances avec, par moments, des phases de bachotage quasi-obligatoires. J’ai passé et réussi les épreuves écrites du concours pendant l’été 2024, ce qui m’a laissé ensuite le temps de préparer les quatre épreuves des oraux entre octobre et novembre 2024. Je tiens ici à souligner l’implication remarquable de tous les acteurs de la prépa' INSP, du personnel administratif aux professeurs en passant par les intervenants. Je remercie très sincèrement Paul Gaignard qui m’a fait bénéficier d’entraînements à l’oral et qui m’a obtenu un stage très instructif dans un établissement hospitalier. J’ai bénéficié de conditions exceptionnelles qui ont clairement contribué à ma réussite.

Qu’est-ce qui a fait que l’oral du concours se soit bien déroulé et quelles sont les prochaines étapes vous concernant ?

J’ai obtenu de la prépa' INSP de bons conseils en sus du travail préparatoire au concours. Sans elle, je n’aurais pas spontanément évoqué mon parcours syndical ou encore su expliquer pourquoi mon expérience en milieu scolaire avec des publics très défavorisés me serait utile comme haut fonctionnaire. Les jurys de ce type de concours s’intéressent à votre potentiel et à votre personnalité et il faut apprendre à valoriser ses compétences. L’avenir me concernant passe par une formation de deux ans à l’École des Hautes Études en Sciences en Santé Publique de Rennes (EHESP) ponctuée de stages d’immersion. Viendra ensuite le temps d’endosser la tenue de directrice d’un hôpital.

Vous faites désormais partie des fonctionnaires de catégorie A+ par la voie interne. Quel bilan tirez-vous de votre parcours ?

Je constate que beaucoup de fonctionnaires aspirent à un nouvel avenir professionnel mais que trop peu connaissent la voie interne de préparation à ces concours. Dès lors qu’on a l’esprit du service public chevillé au corps, une forte motivation, une grande capacité de travail et un accompagnement aussi performant que celui que j’ai connu à Sciences Po Bordeaux, ce qui est impensable peut devenir possible…

Laurian Revil, lauréat du concours d’administrateur de l’Assemblée nationale

"Une prépa' INSP à Bordeaux présente de nombreux atouts"

Quel a été votre parcours avant d’intégrer la prépa' INSP de Sciences Po Bordeaux et pourquoi le concours d’administrateur de l’Assemblée nationale ?

Originaire de Bergerac, j’ai intégré Sciences Po Bordeaux après un baccalauréat scientifique. J’avais déjà la volonté de me consacrer au service public avant même d’entrer à l’IEP. Au cours de ma scolarité à Bordeaux, j’ai rencontré d’anciens élèves devenus administrateurs de l’Assemblée nationale. Le choix de la prépa’ INSP s’est imposé progressivement à moi, mon affinité avec le droit constitutionnel m’ayant naturellement porté vers ce concours.

Comment avez-vous vécu le fait d’avoir réussi ce concours particulièrement sélectif, en étant en outre le plus jeune lauréat de France ?

J’avais prévu de me porter candidat à plusieurs concours, mais celui d’administrateur de l’Assemblée nationale avait ma préférence. Ayant été lauréat avant les écrits de l’INSP, je me suis arrêté là. Lorsque je me suis inscrit à la prépa’ INSP, je partais du principe que ma préparation durerait deux ans, la première année servant en quelque sorte de galop d’essai. De fait, ce résultat n’était pas forcément attendu, du moins pas dès ma première tentative.

Quels conseils donneriez-vous à un étudiant de master 2 du parcours Carrières Administratives qui préparent des concours A+ ?

La 5e année pour les étudiants de Sciences Po Bordeaux de la majeure Carrières Publiques qui ont fait le choix d’une prépa INSP représente beaucoup de travail, puisqu’il faut à la fois obtenir son diplôme et préparer les concours. La charge de travail est élevée et le stress permanent. Il me semble que l’’une des clés est de s’assurer de bien connaître l’esprit du concours auquel on se destine. En dépit de la similarité apparente de certaines épreuves, chacun possède une identité propre, qu’il est important de s’approprier. Par conséquent, des choix s’imposent. Tous les concours ne peuvent convenir à tout le monde. De plus, la connaissance des implications de carrière est fondamentale pour s’assurer de bien correspondre au profil recherché. Ainsi, le concours d’administrateur de l’Assemblée nationale s’avère très singulier, et se caractérise par un certain classicisme, qu’il ne faut pas perdre de vue.

Comment expliquez-vous les très bons résultats enregistrés par le CPAG et la prépa’ INSP de Sciences Po Bordeaux ?

Le bilan est effectivement positif. La prépa’ INSP brille par la proportion de lauréats qu’elle compte parmi ses étudiants. On pourrait penser que préparer un concours de la haute fonction publique dans un cadre excentré de celui de Paris est un frein. J’y vois plutôt un atout. L’effectif des préparationnaires permet, notamment, une plus grande proximité et une interaction régulière avec les enseignants et intervenants, mais aussi l’équipe administrative. Je veux souligner à ce titre l’investissement particulier de M. Gaignard. Avec du recul et quelques points de comparaison, c’est une plus-value certaine qu’un directeur soit aussi impliqué et accessible. N’importe quel lauréat de la prépa’ INSP vous dira la même chose !

Comment se passe l’après-concours pour ce qui vous concerne ?

Je suis entré en fonction le 04 novembre 2024 à l’Assemblée nationale. Cela représente un changement de vie radical : il est évident qu’en venant de « Province », je n’ai par exemple pas le même rapport aux lieux et la même aisance que des lauréats parisiens, dont la plupart sont d’ailleurs plus âgés que moi. Mais cela changera, je n’en doute pas. Concrètement, j’ai été affecté aux services administratifs qui assurent le bon fonctionnement de l’Assemblée, et mon poste s’avère très intéressant pour mieux appréhender le fonctionnement de l’institution, tout en travaillant au contact direct des députés. Je ne peux donc qu’être enthousiaste pour l’avenir, et, avec modestie, confiant.