07 avril 2022|Sciences Po Bordeaux

Associations et administration : un lien de confiance

Ralentie en 2021 en raison de la crise sanitaire, la vie associative de Sciences Po Bordeaux a retrouvé ses couleurs depuis la rentrée de septembre. À l’occasion de la Journée des Associations du 7 avril, état des lieux de ces passionnés de tout bord, dont les activités rythment la vie de l’école.

 

C’est sourire aux lèvres que le constat est posé : « Depuis la rentrée, on sent une détermination et un enthousiasme certains chez les élèves, je dirais même, un véritable besoin de leur part de se retrouver via les associations » affirme Christophe Prévot, chargé de la vie associative et étudiante au sein de l’Institut depuis septembre 2021. Un élan qui réjouit l’ensemble de la communauté Sciences Po Bordeaux, ne serait-ce que pour le facteur de lien social que représentent les associations.

Incubatrice à vocations, la vie associative existe au sein de l’établissement depuis 1968. L’année au cours de laquelle se crée la première Association Sportive. Suivent ensuite le Bureau des Élèves en 1987 et Vins/20, qui promeut la culture œnologique, en 1997. Aujourd’hui, le cercle des associations s’est largement étendu, comptant à son actif 65 entités, antennes et ateliers compris. Si le noyau est composé d’associations dites « partenaires » (dont font partie l’AS, le BDE, le BDA et Erasmix), il s’est enrichi depuis cinquante ans de nombreux clubs, aux thématiques toujours plus actuelles.

Au programme (non-exhaustif), les Désorientalistes, née en 2018, souhaitent par exemple mettre en valeur la diversité et les richesses culturelles du Moyen Orient et du Maghreb. Côté basque, Taquet Sud Ouest vise à sensibiliser et promouvoir l’histoire et le patrimoine du Sud Ouest français. Toute autre ambiance avec Biics, dont les activités s’intéressent à la cybersécurité et aux problématiques liées à la technologie. Mis à jour chaque année, le catalogue des associations de l’école permet de feuilleter et d’identifier le panel florissant des initiatives étudiantes.

 

Un engagement éthique et professionnalisant

Si l’on peut penser que les étudiants s’engagent dans leurs associations pour approfondir un hobby, ou passer du temps entre amis, l’enquête menée en novembre 2021 [1] par Marie Annézo, chargée d’études statistiques au sein du pôle Carrières & Partenariats de Sciences Po Bordeaux, précise les autres motivations des élèves. On apprend effectivement que 61% des étudiantes et étudiants engagés au sein des associations de l’école le font pour partager leur passion avec les autres, mais on découvre aussi qu’ils sont 48% à vouloir se sentir utiles à la société et 45% à souhaiter agir en faveur d’une cause. 32% d’entre eux éprouvent quant à eux l’envie de se professionnaliser à travers ces expériences.

Un dernier chiffre qui résonne avec les ambitions de la Direction de Sciences Po Bordeaux. Christophe Prévot le rappelle : « aujourd’hui, les emplois créés par le secteur associatif représentent 9% des effectifs [2]. C’est entre autres pour suivre cette dynamique, que nous souhaitons que les élèves profitent de leurs expériences associatives pour se professionnaliser ». Création des statuts, gestion de projet, management d’équipe, tenue d’assemblées générales, événementiel… Les étapes inhérentes à la vie d’une association représentent un terreau fertile pour développer de nouvelles compétences. Christophe Prévot approfondit : « Plus leurs missions sont effectuées avec rigueur, plus les pratiques peuvent être valorisées ensuite dans un CV ou lors d’un entretien d’embauche. Les élèves doivent en prendre conscience ! Je prends l’exemple du statut de trésorier. Si la fonction est occupée avec rigueur pendant un an, ce sera l’occasion pour la personne de franchir différents paliers : tenue des comptes, préparation d’un budget prévisionnel… On est clairement dans l’ordre du professionnel » ! Une tendance désormais prise en compte dans les masters de l’école, au sein desquels les engagements bénévoles peuvent être reconnus.

Un leitmotiv que la Direction de l’école soutient, insistant également sur sa volonté de responsabiliser encore plus les nouvelles promotions. Une responsabilisation qui passe également par l’exigence d’un comportement exemplaire. « La vague de libération de parole de l’hiver 2021 a suscité une prise de conscience au sein de la communauté. La grande majorité des associations a depuis mis en place des pôles éthiques, au sein de leur organisation interne. C’est une demande explicite de la Direction de Sciences Po Bordeaux. La lutte contre les VSS passe incontestablement par les associations d’élèves, carrefour de leur sociabilisation ».       


Ouverture du Mois des Jeux

 

La confirmation des Jeux Inter IEP

Toujours en mouvement et prêts à prouver leur rigueur, les associatifs de Sciences Po Bordeaux ont relevé récemment un challenge particulièrement ambitieux au début du mois d’avril : organiser la première édition des Jeux Inter IEP (JIIEP). Considéré comme une mise à l’honneur du sport, mais aussi comme l’occasion de retrouvailles entre élèves de l’ensemble des Sciences Po français, l’événement a nécessité une préparation de plusieurs mois. Prise en charge par la FASIEPF, la Fédération des Associations Sportives des Instituts d’Études Politiques de France (qui rassemble une cinquantaine d’étudiants de l’école) ces jeux s’illustraient comme un enjeu particulièrement important pour les élèves, tant dans l’organisation que dans la restructuration qu’ils nécessitaient, culturellement parlant.

Quelques jours après leur déroulement, la première édition des Jeux Inter IEP est appréciée comme un réel succès. Une réussite dont Dominique Darbon, le Directeur de Sciences Po Bordeaux, se félicite : « Le travail réalisé par nos étudiants pour organiser ces jeux a été absolument remarquable en qualité, constance, efficacité et réalisme et a soufflé tous les professionnels de la sécurité et des événements collectifs avec lesquels ils ont travaillé. Nos étudiants et toutes les délégations ont donné une belle image de nos IEP à l’extérieur. Nous pouvons en tirer une légitime fierté. Quant au projet de refonder les jeux autour des activités sportives tout en gardant de la convivialité, il a été pleinement atteint ». Un optimisme bienvenu, après deux années de pandémie parfois difficilement vécues par les étudiantes et étudiants. Mais aussi, une « cerise sur le gâteau », l’amphore de la victoire ayant été remis, dans l’euphorie et une indescriptible joie, à la délégation bordelaise…

Une confirmation du sérieux et de la responsabilité des étudiants de Sciences Po Bordeaux donc, que Christophe Prévot souhaite également souligner : « L’engagement des élèves a été total. De semaine en semaine, je les ai observés, évoluant, gagnant en maturité et en professionnalisme. Ils ont clairement pris la mesure de l’événement que représentaient les JIEEP. J’ai rencontré, pendant ces six derniers mois de préparation, des étudiantes et étudiants responsables et persévérants ». Un dépassement de soi fidèle aux valeurs du sports que l’Association Sportive et la FASIEPF souhaitaient de plus valoriser cette année.

Si l’organisation de ces Jeux a tenu toute ses promesses, les associations se tournent déjà vers l’avenir. Un élan que l’administration souhaite accompagner. La prochaine promotion des bureaux associatifs devra ainsi passer devant la commission de la vie associative de l’école pour obtenir la reconnaissance de l’établissement de Sciences Po Bordeaux. Un « passage obligatoire » permettant de vérifier, entre autres, que les objets des associations servent bel et bien un intérêt pédagogique au sein du parcours des élèves de l’école.

Sur un aspect plus humain, Christophe Prévot souhaite également renforcer cet esprit d’équipe largement retrouvé cette année : « Cette ambiance bon enfant doit perdurer au sein des associations. Il faut se rappeler qu’elles demeurent un véritable facteur d’intégration de nos étudiants. En les observant, on devine qu’au fur et à mesure des expériences qu’ils vivent, ils se créent des souvenirs à vie. Cet esprit de cohésion est beau à voir ».

 

[1] Enquête Conditions de vie et d’études des élèves, novembre 2021, 606 répondants

[2] https://www.associations.gouv.fr/reprise-de-l-emploi-asociatif-en-2021.html