Au sommaire ..
- Stagiaires visés par la réforme
- Obligation de conclure une convention de stage
- Durée du stage
- Gratification
- Franchise de cotisations et contributions sociales
- La cantine et les titres restaurant: Incidences sur la franchise
- Situation des stagiaires au regard des accidents du travail et des maladies professionnelles
- Cas particuliers
- Charte et guide des stages
- Cas pratique
- Le règlement des stages à l'IEP
Avant de signer toute convention de stages, il convient de lire attentivement les éléments présentés ci-dessous afin que l'entreprise et le stagiaire soient au fait de leurs droits et devoirs réciproques.
Les principaux textes régissant les stages et le statut des stagiaires sont:
la loi n°2006-396 du 31 mars 2006 sur l'égalité des chances, qui réforme en profondeur le statut des stagiaires autres que ceux relevant de la formation professionnelle continue. Désormais, seuls sont autorisés les stages faisant l’objet d’une convention tripartite entre le stagiaire, l’entreprise d’accueil et l’établissement d’enseignement
le décret n°2006-757 portant application de l'article 10 de la loi n°2006-396 du 31 mars 2006 pour l'égalité des chances est paru au J.O du 30 juin 2006. La franchise de cotisations est fixée à 12,5% du plafond horaire multiplié par le nombre d'heures de stage.
le décret n° 2006-1093 du 29 août 2006 pris pour application de l'article 9 de la loi sur l'égalité des chances (décret relatif à la convention type)
la charte des stages étudiants en entreprise signée le 26 avril 2006
le décret n°2006-1627 du 18 décembre 2006 relatif à la protection contre les accidents du travail et les maladies professionnelles des stagiaires mentionnés aux a, b et f du 2° de l'article L.412-8 et modifiant le Code de la Sécurité Sociale.
Lettre circulaire Acoss n°2007-069 du 5 avril 2007.
Lettre circulaire Acoss n°2007-101 du 12 juillet 2007 diffusant la circulaire ministérielle DSS/5B/2007/236 du 14 juin 2007.
Lettre circulaire Acoss n°2008 - 091 du 29 décembre 2008.
la loi n° 2011-893 du 28 juillet 2011 pour le développement de l'alternance et la sécurisation des parcours professionnels dite "loi Cherpion" plafonne la durée totale du ou des stages effectués par un même étudiant dans une même entreprise à 6 mois par année d'enseignement.
■ Stagiaires visés par la réforme
La réforme instaurée par la loi du 31 mars 2006 pour l’égalité des chances vise le statut des étudiants stagiaires en entreprise. Sont concernés, les stagiaires effectuant un stage d’initiation, de formation ou de complément de formation professionnelle ne faisant pas l’objet d’un contrat de travail et n’entrant pas dans le cadre de la formation professionnelle continue.
■ Obligation de conclure une convention de stage
Désormais, seuls les stages donnant lieu à la signature d’une convention tripartite peuvent être conclus. Cette convention est signée entre l’établissement d’enseignement, l’entreprise d’accueil et le stagiaire.
Sont concernés par l’obligation de conclure une convention de stage tout élève ou étudiant préparant un diplôme de l’enseignement supérieur sous réserve que le stage ne donne pas lieu au versement d’une rémunération au sens de l’article L242-1 du code de la sécurité sociale. Sont notamment visés :
les élèves préparant un diplôme de l’enseignement technologique
les élèves d’IUT
les élèves ingénieurs
les élèves des écoles de commerce et de gestion
les étudiants préparant un diplôme universitaire (DEUG, licence, master, etc.)
les élèves des centres médicaux-éducatifs
les élèves avocats (c’est-à-dire non titulaires du CAPA)
les élèves architectes (stage dit «ouvrier et/ou de chantier», stage de «première pratique» en France ou à l’étranger, stage de formation pratique)
les élèves des écoles hôtelières
les élèves infirmières
les stages d'initiation aux soins infirmiers pour les étudiants admis en 2ème année de médecine ou odontologie
Sont exclus:
les stagiaires visés à l’article L. 4153-1 du code du travail : visites, séquences d’observation et stages des mineurs de moins de 16 ans et ceux de la formation professionnelle continue pour lesquels les modalités de conclusion d’une convention de stage sont légalement prévues
Il convient d’attirer l’attention sur le fait que pour certaines formations, la dénomination de stagiaire résulte des règles spécifiques à une profession et n’est pas compatible avec l’application de la loi du 31 mars 2006. Tel est le cas :
des stagiaires huissiers qui accomplissent un stage professionnel rémunéré et sont salariés de l’étude d’huissier
des notaires stagiaires
des stagiaires greffiers dont la formation, dispensée par l’Ecole nationale des greffes (ENG) de Dijon est rémunérée
des étudiants en médecine participant à l’activité hospitalière appelés étudiants hospitaliers rémunérés par le groupe hospitalier auquel l'Université est rattachée (ils sont salariés sous contrat à durée déterminé, rattachés à une caisse de sécurité sociale non étudiante, et cotisent pour la retraite). Les stages d’internat sont également exclus du champ d’application de la loi du 31 mars 2006
les stagiaires de la réadaptation fonctionnelle ou de rééducation professionnelle
les instituteurs stagiaires
les géomètres-experts stagiaires inscrits au registre des stages bénéficient d’un contrat de travai
les animateurs stagiaires préparant un BAFA ou BAFD
Les mentions obligatoires devant figurer dans cette convention ont été précisées par le décret n°2006-1093 du 29 août 2006.
Vous pouvez également consulter la convention type figurant dans le guide des stages des étudiants en entreprise sur le site etudiant.gouv.fr
Attention : Aucune convention de stage ne peut être conclue pour remplacer un salarié en cas d’absence, de suspension du contrat de travail ou de licenciement, pour exécuter une tâche régulière correspondant à un poste de travail permanent, pour faire face à un accroissement temporaire de l’activité de l’entreprise ou pour occuper un emploi saisonnier.
En l’absence de convention ou si le stagiaire est considéré comme une ressource à part entière de l’entreprise, les sommes versées seront assujetties selon les règles de droit commun applicables aux salariés.
■ Durée du stage
La durée du ou des stages effectués par un même étudiant dans une même entreprise ne peut excéder 6 mois par année d'enseignement.
■ Gratification
L’article 30 de la loi du 24 novembre 2009 relative à l’orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie impose le versement d’une gratification pour les stages d’une durée supérieure à 2 mois ou 40 jours de travail effectif (au lieu de 3 mois précédemment).
Le montant de la gratification versé au stagiaire doit être précisé dans la convention de stage. Ce montant peut être fixé soit par la convention de branche ou l’accord professionnel étendu ou à défaut par décret.
Le décret n°2008-96 du 31 janvier 2008 prévoit que le montant horaire de la gratification est fixé à 12,5% du plafond horaire de la sécurité sociale et ce dès le 1er jour de stage.
La gratification est versée mensuellement au stagiaire.
■ Franchise de cotisations et contributions sociales
Champ d'application de la franchise
les étudiants ou les élèves des établissements d'enseignement technique
les élèves des établissements d'enseignement secondaire ou d'enseignement spécialisé et les étudiants autres que ceux visés ci-dessus
les personnes, non mentionnées ci-dessus, qui effectuent, dans un organisme public ou privé, un stage d'initiation, de formation ou de complément de formation professionnelle ne faisant pas l'objet d'un contrat de travail et n'entrant pas dans le cadre de la formation professionnelle continue telle que définie par le livre IX du Code du travail.
Les stagiaires visés à l’article L. 4153-1 du code du travail et les apprentis juniors sont également concernés par la franchise. En revanche, ne sont pas concernés par la franchise :
les stages se déroulant dans le cadre de la formation professionnelle continue
les bénéficiaires de la formation à la recherche et par la recherche mentionnés aux articles L. 412-1 et L. 412-2 du code de la recherche
les stagiaires des associations à caractère pédagogique relevant de l’arrêté du 20 juin 1988
Modalités d'application de la franchise
Les sommes versées aux stagiaires ne donnent pas lieu à assujettissement dans la limite de 12,5% du plafond horaire de la sécurité sociale par heure de stage effectuée. Tous les stages sont soumis aux mêmes règles, qu’ils soient ou non obligatoires.
Lorsque la gratification mensuelle du stagiaire est au plus égale à la franchise de cotisations, aucune cotisation et aucune contribution de sécurité sociale ne sont dues, ni par l’entreprise d’accueil, ni par le stagiaire (la CSG et la CRDS ne sont pas dues dans ce cas).
Exemple:
La franchise est égale à 417,09 euros par mois en 2010 dans le cas où la durée de présence du stagiaire est égale à la durée légale du travail. S’agissant des gratifications supérieures à ce seuil, les cotisations et contributions patronales et salariales de sécurité sociale sont calculées sur le différentiel entre le montant de la gratification et la franchise.
Exemple:
Pour une durée de présence du stagiaire égale à la durée légale du travail : Montant de la gratification - 417,09 euros = Assiette des cotisations. Ce seuil de 417,09 euros est apprécié au moment de la signature de la convention de stage compte tenu de la gratification, des avantages en nature et en espèces et du temps de présence mensuel prévu au cours du stage.
Exemple:
Durée de présence fixée à 35 heures/semaine. La convention est signée pour la période du 1er avril 2009 au 15 juillet 2009. La franchise applicable au mois de juillet sera égale à : 12,5 % du plafond horaire x (2x 35 h). Pour les stages s’effectuant sur deux années, la gratification peut être revalorisée en même temps que la revalorisation du plafond horaire de la sécurité sociale.
■ La cantine et les titres restaurant: Incidences sur la franchise
Accès du stagiaire à la cantine de l'entreprise
La fourniture du repas à la cantine moyennant une participation des salariés constitue un avantage en nature. Cet avantage doit en principe être intégré dans l'assiette des cotisations pour un montant évalué à la différence entre le montant du forfait avantage en nature et le montant de la participation personnelle du salarié. Toutefois, par tolérance, il est permis de négliger cet avantage en nature lorsque la participation du salarié est au moins égale à la moitié du forfait. Cette tolérance ministérielle est également applicable aux stagiaires.
Dans le cas où le montant de la gratification est au plus égal à la franchise de cotisations, si la prise de repas à la cantine par le stagiaire respecte les limites fixées ci-dessus, aucune cotisation ne sera due, l’avantage en nature étant négligé.
Exemple:
Valeur de l’avantage en nature nourriture au 1er janvier 2010 : 4,35 euros pour un repas. Le stagiaire participe pour chaque repas pris à la cantine à hauteur de 2,20 euros (soit pour un montant supérieur à la moitié de la valeur de l’avantage en nature nourriture).
En conséquence, l’avantage en nature résultant de la prise de repas à la cantine du stagiaire peut être négligé
Attribution des titres restaurant
L’attribution de titres restaurant n’est en principe admise que pour les salariés de l’entreprise. Toutefois, lorsque l’entreprise ne dispose pas de cantine, il est admis que des titres restaurant soient attribués à des stagiaires.
Lorsque la participation patronale à l'acquisition des titres restaurant respecte la réglementation relative aux titres restaurant, elle est exclue de l'assiette, et ce, indépendamment du montant de la gratification versée au stagiaire.
Pour être exonérée de cotisations de sécurité sociale, la contribution patronale au financement de l’acquisition des titres restaurants doit respecter deux limites :
être comprise entre 50 et 60% de la valeur nominale du titre
ne pas excéder 5,21 euros (en 2010)
Exemple:
L’entreprise attribue des titres restaurant d’un montant de 10 euros aux stagiaires.
La participation patronale est de 50 % soit 5 euros.
Cette participation respectant les limites précitées, elle est exclue de l’assiette des cotisations et ce quel que soit le montant de la gratification versée au stagiaire (montant supérieur ou inférieur à la franchise de cotisation).
■ Situation des stagiaires au regard des accidents du travail et des maladies professionnelles
Désormais tous les stagiaires bénéficient d’une protection contre le risque accidents du travail-maladies professionnelles. Ils sont rattachés au régime général de la Sécurité sociale.
Le paiement de la cotisation AT/MP, l’affiliation du stagiaire et la déclaration des accidents du travail et des maladies professionnelles auprès de la caisse primaire d’assurance maladie du lieu de résidence du stagiaire, incombe :
A l’établissement d’enseignement ou au rectorat d’académie en l’absence de rémunération ou lorsque la rémunération est égale ou inférieure à 12,5% du plafond horaire de la sécurité sociale par heure de stage effectuée.
L’assiette servant de base au calcul de la cotisation AT/MP est le salaire minimum des rentes soit 17 038,71 euros pour l’année 2010.Le taux applicable est fixé chaque année par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés en fonction de la sinistralité passée. Pour l’année 2009-2010, le montant des cotisations est de 1 euro pour les élèves de l’enseignement secondaire et 5 euros pour les élèves de l’enseignement technique. La cotisation AT/MP des élèves et étudiants est calculée par année civile, au titre d’une année scolaire ou universitaire commençant en septembre. La cotisation AT/MP est versée dans les 15 premiers jours du mois de mars suivant
A l’organisme d’accueil lorsque la gratification versée est supérieure à 12,5% du plafond horaire de la sécurité sociale par heure de stage effectuée.
L’assiette servant de base au calcul des cotisations est égale à la différence entre la gratification versée au stagiaire et 12,5% du plafond horaire de la sécurité sociale. Le taux applicable est le taux habituel de l’entreprise, de l’organisme public ou de l’association.
■ Cas particuliers
Personnes venant de l'étranger pour effectuer un stage en France
En application du principe de territorialité, les stagiaires étrangers effectuant un stage en France sont soumis au droit français sous réserve des traités et accords internationaux.
Les ressortissants de l’Union Européenne, de l’Espace Economique Européen et de la Suisse qui viennent faire un stage en France : seuls sont exemptés de l’application du droit français, les stagiaires munis du formulaire E101 et attestant d’une couverture maladie, maternité et accidents du travail / maladies professionnelles au titre de la législation du pays de résidence habituelle.
Les ressortissants d’un pays tiers à l’Union Européenne, à l’Espace Economique Européen et à la Suisse, en dehors des stagiaires bénéficiant du règlement CE n°859/2003, seuls sont exemptés de l’application du droit français, les stagiaires relevant du protocole d’entente entre la France et le Québec relatif à la protection sociale des élèves et étudiants du 19 décembre 1998 et pour lesquels s’appliquent les dispositions de ce texte.
Stagiaires français effectuant un stage à l'étranger dans le cadre d'une formation suivie en France
Concernant la couverture accidents du travail/maladies professionnelles, deux cas sont à envisager en fonction du montant de la gratification versée au stagiaire :
la gratification est inférieure ou égale à 12,5% du plafond horaire de la sécurité sociale par heure de stage effectuée, la couverture AT/MP est maintenue pour une durée maximale de 12 mois ; La cotisation est alors recouvrée auprès de l’établissement d’enseignement.
la gratification est supérieure au seuil de 12,5% du plafond horaire de la sécurité sociale par heure de stage effectuée, l’établissement d’enseignement français dont relève le stagiaire est invité à vérifier que le stagiaire est couvert dans le pays d’accueil contre le risque AT/MP et que l’organisme d’accueil s’acquitte des cotisations afférentes à la couverture de ce risque.
■ Charte et guide des stages
La charte des stages étudiants en entreprise, signée le 26 avril 2006 par quatre confédérations patronales, trois organisations représentatives étudiantes, ainsi que par les représentants de trois conférences de l’enseignement supérieur, constitue le texte de référence encadrant les stages. Elle est disponible sur le site www.enseignementsup-recherche.gouv.fr
Un guide des stages élaboré à l’attention des étudiants, des entreprises et des établissements d’enseignement est en ligne et téléchargeable à partir du portail www.etudiants.gouv.fr
■ Cas pratique
Un étudiant à Sciences Po Bordeaux effectue un stage dans une entreprise.
La convention de stage conclue entre l’étudiant, l’entreprise d’accueil et l’établissement d’enseignement précise que le stage est effectué pour une durée de 6 mois et prévoit le versement d’une gratification de 450 euros par mois pour une durée mensuelle de travail de 151,67 heures.
Calcul de la franchise de cotisation
Rappel:
Les sommes versées aux stagiaires ne donnent pas lieu à assujettissement dans la limite de 12,5% du plafond horaire de la sécurité sociale par heure de stage effectuée.
Exemple pour une durée de stage égale à la durée légale du travail :
En 2010, le plafond horaire de la sécurité sociale est égal à 22 euros. 22 x 12,5% x 151,67 = 417,09 euros. En 2010, le seuil de la franchise de cotisation est de 417,09 euros.
Le montant de la gratification versée au stagiaire est de 450 euros, en conséquence seule la fraction excédant 417,09 euros est soumise aux cotisations et contributions patronales et salariales de sécurité sociale y compris la cotisation AT/MP.
450 - 417,09 = 32,91 euros
Les cotisations et contributions patronales et salariales de sécurité sociale seront calculées aux taux de droit commun sur la base de 32,91 euros.
Le taux AT/MP applicable est celui de l’entreprise.
■ Le règlement des stages à l'IEP
Le règlement des stages de l'IEP s'appuie sur les textes et législations en vigueur en France. Il le complète en précisant les modalités de suivi pédagogique et administratif de l'ensemble des stages effectués par les étudiants de Sciences Po Bordeaux.
Rappelons que la législation française ne s'applique que sur le territoire français. En conséquence, les règles en matière de rémunération varieront d'un pays à l'autre.
Dans le cas d'un stage à l'étranger, l'étudiant devra fournir une attestation d'assurance responsabilité civile ainsi qu'une attestation d'assurance rapatriement.
