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Engagement Energie EauPour un campus responsable

La transition énergétique et écologique du patrimoine est devenue un axe majeur de la coopération entre les établissements d’enseignement supérieur et de recherche et la Caisse des Dépôts (CDC).  Les universités, qui détiennent environ 40 % du patrimoine immobilier des opérateurs de l’Etat, sont de grands acteurs du territoire,  parfois comparables à des villes moyennes. A travers leur implantation en mode « campus » réalisée au cours des années 60/70, elles sont aussi  progressivement devenues des acteurs du renouvellement urbain des grandes agglomérations et de leur développement économique.

Le travail  autour du Schéma Directeur Energie Eau des établissements d’enseignement supérieur de Bordeaux est une invitation à l’action ; il va bien au-delà du seul rendu synthétique d’études qui en constituent la phase préparatoire, car sur le terrain, les acteurs ont franchi les étapes de la connaissance et de la définition des objectifs pour parvenir à la déclinaison de priorités et à leur mise en œuvre.

La mobilisation de l’ensemble de la communauté universitaire est désormais un acquis, permettant de transformer un sujet resté secondaire pour les Universités, l’immobilier et la transformation des campus vers la transition énergétique du patrimoine, en un axe fédérateur et un facteur de progrès, de développement économique et d’attractivité, pour leur bien-être et  l’avenir de notre pays.

Cependant, dans un contexte de tension budgétaire, il n'est pas toujours facile pour un établissement du supérieur et de la recherche de débloquer des fonds dans le cadre de la rénovation énergétique de son patrimoine.

La Caisse des dépôts propose une approche globale sur les projets d’investissement mis en œuvre par les universités en tant que maitre d’ouvrage, portant en priorité sur la transition énergétique et écologique du parc existant, le réaménagement des campus et l’amélioration de leur gestion patrimoniale, englobant bien entendu celle des ressources en eau et énergie.  Cette transition passe autant par l’amélioration du patrimoine et de sa gestion que par l’évolution des usages et l’optimisation des modes d’utilisation des locaux. Elle  inscrit l’Université dans une politique d’économie d’énergies et de fluide sur le long terme.

Cette initiative locale fondée stratégiquement, « impliquante » et méthodique, peut renverser une tendance à la dégradation du patrimoine qui, au-delà de difficultés au quotidien, génèrera des couts de fonctionnement croissants et un déficit d’attractivité des établissements.

Dans le cadre de ses partenariats avec les universités et les établissements d’enseignement supérieur la CDC cofinance des réflexions et des études qui sont autant de démarches globales au service du développement de l’autonomie des établissements. Ces travaux sont à l’origine de l’adaptation et du développement par la CDC, de nouveaux outils financiers pertinents qui lui permettent d’être un « véritable accélérateur d’investissement » à destination des projet d’établissements ancrés dans la dynamique de la transition énergétique et écologique de leur patrimoine ».

Le point de vue de Vincent Hoffmann-Martinot, directeur de Sciences Po Bordeaux (2007-2016)

Qu'est-ce que la démarche "engagement eau énergie" des établissements universitaires ? 

La démarche engagée par les établissements universitaires du site bordelais s’inscrit dans le contexte du Grenelle de l’environnement et de la COP 21.

En 2007 la région Aquitaine a été la première région à se doter d’un plan climat régional et le 15 novembre 2012, l’État et la Région Aquitaine ont approuvé le Schéma Régional du Climat, de l’Air et de l’Énergie (SRCAE). Celui-ci définit les grandes orientations et objectifs régionaux en matière de lutte contre le changement climatique, d’efficacité énergétique, de développement des énergies renouvelables terrestres et d’amélioration de la qualité de l’air.

Les objectifs fixés par le scénario de référence du SRCAE d’Aquitaine sont les suivants :

  • une réduction de 28,5 % des consommations énergétiques finales d’ici 2020 par rapport à celles de 2008,
  • une production des énergies renouvelables équivalente à 25,4 % de la consommation énergétique finale en 2020,
  • une réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2020 par rapport à celles de 1990,
  • une réduction des émissions de polluants atmosphériques, notamment les oxydes d’azote et les particules en suspension.

La consommation moyenne du parc universitaire aquitain classe le parc aquitain au 4e rang des plus énergivores. Ce constat et la création de la COMUE d’Aquitaine en 2013 a conduit les 6 établissements membres à s’organiser pour élaborer et mettre en œuvre un Schéma Directeur Eau/Énergie SDEE autour de 3 enjeux majeurs :

  • la réduction des Gaz à Effet de Serre (GES) dont ils sont responsables
  • la préservation de la ressource en eau
  • la maîtrise de la facture énergétique

Les moyens pour mettre en œuvre efficacement ce schéma passe, notamment, par l’élaboration d’un PPI, l’appropriation de la démarche par les acteurs (équipes de direction, personnels, usagers, associations…), une communication pertinente et un pilotage du processus.

À l’heure de la COP 21, il est indispensable que les universités participent aux enjeux mondiaux de réduction des effets de serre et préservation des ressources naturelles. Les 6 établissements s’unissent aujourd’hui pour s’engager dans une démarche volontariste d’élaboration et de mise en œuvre d’un plan d’orientation vers la sobriété Eau/Énergie. Ainsi constitué, et riche de plus de 70 000 étudiants et 7000 personnels, le patrimoine concerné par le plan « Orientation Eau Énergie » représente près de 250 bâtiments et 750 000 m² SHON. Il s’agit d’une démarche participative ouverte à tous les acteurs des universités (étudiants, personnels, gouvernances, associations, prestataires, etc.).

Pourquoi engager une telle démarche des établissements sur notre territoire en particulier ? 

Sciences Po Bordeaux est attaché au principe de participation aux projets de campus et à toutes les initiatives collectives visant à l’amélioration, la mutualisation ou la simplification des actions. L’établissement se trouve cependant dans une situation singulière puis 100 % de son bâti sera d’ici quelques mois entièrement rénové et restructuré à l’issue d’un chantier d’extension-restructuration de 36 mois (co-financement Conseil régional/Mairie de Pessac). Ainsi ce « nouvel » IEP devrait avoir des performances énergétiques excellentes puisque la maîtrise d’ouvrage a adopté une démarche HQE et confié à un cabinet spécialisé le suivi de cet objectif.

Comment concrètement cela va-t-il impacter ou impliquer les étudiants et les personnels des établissements ?

Le contexte propre à Sciences Po Bordeaux évoqué plus haut rend problématique la mise en œuvre immédiate de ce schéma. À l’issue des travaux, la démarche Énergie-Eau de ce schéma directeur sera pleinement intégrée au plan de communication autour de notre nouveau bâtiment (développement de nouveaux axes d’usage par exemple).

Au sein de votre établissement, existe-t-il déjà des initiatives ou des actions particulières visant à réduire l'impact sur l'eau et l'énergie ?

  • Sciences Po Bordeaux a adopté une Charte éco-responsable depuis 2007.
  • En application de cette charte, des campagnes de sensibilisation aux économies d’énergie et aux pratiques éco-responsables sont régulièrement diffusées.
  • En partenariat, notamment, avec Echo Logik, association reconnue à Sciences Po Bordeaux, certaines initiatives dans le domaine des économies d’énergie ont été prises, telles que l’installation d’économiseurs d’eau dans tous les sanitaires, le tri sélectif dans les bureaux, la collectes des piles usagées etc.
  • Des détecteurs de présence dans les circulations et le hall ont été installés lors de l’extension (1500 m2) de 2003, permettant une gestion rationnelle des éclairages et une baisse de la consommation d’énergie.
  • Une réfection (isolation) des toitures terrasses a été réalisée en 2005.
  • L’extension-restructuration en cours de tout le bâtiment (passage de 8000 m2 à 15000 m2 | MOA Conseil régional) bénéficie d’un « objectif » HQE. Le chantier lui-même a de fortes contraintes environnementales. Un cabinet spécialisé « Nobatek » est chargé par la MOA du suivie de la réalisation de cet objectif (chantier + bâtiment final).

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